Depuis 1982, date de la première vague de la décentralisation, les collectivités n’ont cessé de voir leur rôle renforcé.
Peu à peu, l’idée selon laquelle les décisions doivent être prises au plus près des citoyens, se voit concrétisée par les nombreux transferts de compétences.
Aujourd’hui, à l’heure de l’acte II de la décentralisation, le Département devient un acteur incontournable de la vie des citoyens. La décentralisation, oui, mais à quel prix ? Qu’en est-il des moyens financiers affectés à ce transfert ? Quelle sera la marge de manœuvre véritable de la collectivité ? Autant de questions auxquelles nous nous efforçons de répondre ici….
Déjà, les lois de 1982 avaient consacré la fin du centralisme jacobin ; de nouveaux acteurs ont fait leur apparition sur la scène publique, à commencer par les intercommunalités. De la génération des technocrates éloignés des préoccupations quotidiennes des citoyens aux Elus « de terrain », le pas est vite franchi. L’Etat-Providence français s’était en effet construit sur l’imaginaire politique selon lequel un pays ne peut être bien administré que si on l’arrache aux intérêts particuliers ; le mythe n’a plus sa raison d’être au 21ème siècle qui consacre la fin de la centralisation du pouvoir et l’avènement de la proximité entre citoyens et décideurs.
La loi du 13 août 2004 voit le renforcement des compétences du Département
La loi relative aux libertés et responsabilités locales est le prolongement de la loi de révision constitutionnelle promulguée le 28 mars 2003 qui a dégagé de nouveaux principes : l’expérimentation permettant aux collectivités de prendre un certain nombre de compétences en passant une convention avec l’Etat, l’expression des citoyens, l’autonomie financière des collectivités et la solidarité financière entre elles.
C’est avant tout le recours à l’article 49.3 de la Constitution, soit le vote bloqué de l’assemblée nationale pour adopter le projet de loi, qui est à l’origine des difficultés de concertation entre l’Etat et les collectivités. Autre difficulté, de taille, les zones floues des textes, en particulier sur les modalités de compensation financière précisées dans les articles 118 à121.
Les principes de compensation de droit commun doivent désormais être lus à la lumière du nouvel article 72-2 de la Constitution qui impose que « tout transfert de compétences de l’Etat aux collectivités territoriales s’accompagne de l’attribution de ressources équivalentes à celles qui étaient consacrées à leur exercice». Si l’article 119 pose certains grands principes relatifs à la notion d’accroissement net des charges, de nombreux points restent encore à préciser :
Au final, l’ensemble du transfert des charges a été évalué à plus de 35 millions d’euros.
C’est dans un contexte difficile, marqué par le désengagement de l’Etat, et plus généralement la remise en cause de valeurs d’intérêt général et de service public, que le Département se doit de mener à bien les nouvelles missions qui lui ont été confiées dans l’intérêt des agents qu’il va accueillir et plus généralement de tous les Vauclusiens.
La bonne conduite de ce projet s’avère capitale pour l’avenir du département : en effet, dans un contexte contraint par le législateur, ne pas s’inscrire dans une dynamique de projet reviendrait à agir dans la réaction, au rythme de la parution des circulaires et décrets d’application de cette loi. Or, la volonté du Conseil Général, comme de l’ensemble des autres départements, est bien de véritablement devenir acteur de cette décentralisation et d’anticiper sur les propositions de l’Etat pour plusieurs raisons : tout d’abord, prime un souci de continuité du service public, l’Etat ayant en charge jusqu’en septembre 2005 la gestion complète des personnels TOS avant que le Département ne prenne le relais ; ensuite vient une volonté d’accueillir dans de bonnes conditions ces agents, inquiets de leur devenir ; enfin, pour des raisons internes de gestion organisationnelle, le département accueillant environ 6OO agents supplémentaires (Personnel des routes compris) pour une capacité actuelle de 1500 personnes. Pour atteindre ces objectifs, on le voit, une véritable conduite de projet s’impose.
La décentralisation des Personnels de l’Etat intervient à un moment important de la vie de notre structure, puisque le Conseil Général s’est engagé depuis deux ans dans une démarche de management de l’administration. Aussi le Département s’est-il engagé dans la conduite de ce projet en mobilisant toutes les forces vives dont il dispose : des groupes de travail ont été mis en place dans les domaines concernés et coordonnés autour d’un directeur général adjoint ;des expertises complémentaires ont été confiées à des cabinets extérieurs de façon à disposer d’un source d’information sûre et exhaustive ; enfin, une concertation régulière avec les services de la Préfecture, du Rectorat, de la DDE et de la DASS permettra aux Elus du Conseil Général de se prononcer sur les orientation stratégiques qui engageront le devenir de notre collectivité.
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